SEARCH AND PRESS ENTER

Combat de Negre

Bernard-Marie Koltès

Combat de nègre et de chiens se situe en Afrique. Un Noir, Alboury, fait irruption dans la cité où vivent les Blancs. Il vient réclamer la dépouille de son frère, probablement assassiné par un ingénieur, Horn. Il veut l’enterrer dignement. Mais le cadavre a disparu. Sur fond de suspense, où l’amour joue un rôle de premier plan, se déploie une fiction dans laquelle Koltès confronte deux regards sur le monde, la vie, la mort. D’un côté Alboury, viscéralement et spirituellement relié à sa terre natale. De l’autre des étrangers, mus par le matérialisme. La pièce est abyssale.

Cover

Production

Compagnie / Premiers Actes

Mise en scène / Thibaut Wenger

Scénographie / Arnaut Verley

Lumières / Mathieu Ferry

Costumes / Claire Schirck

Création octobre 2016 Théâtre des Martyrs Bruxelles

Costumes

Comme point d’ancrage je voudrais figurer la période contemporaine à l’écriture du texte édité en 1980 ainsi que de trouver un lien sensible au genre du Western.

Pour Léone, jeune femme de chambre travaillant à Paris, je recherche une tenue inadaptée au milieux hostiles que sont l’Afrique et le chantier public.

La silhouette de Léone doit pouvoir donner à voir à la fois une certaine arrogance, de la vulgarité, mais aussi ouvrir sur la gracilité de cet être déroutant.

Aussi, pour moi, la robe doit très ouverte ou à peine fermée; tenue en un seul point, elle représente, comme la roulette russe, une menace mortelle.

Cal ingénieur français trentenaire est un personnage complexe, qui se cache derrière un look ultra cool. Cal s’habille, se coiffe, se rase, se soigne.

Pour pouvoir le rendre viril et sensuel la silhouette est fluide, elle coule quasi et tire le contraste avec un corps en tension permanente.

Il me parait intéressant d’assumer pour Cal, un gout prononcé, presque fétichiste pour le détail et les accessoires qui font un peu mal aux yeux; par exemple de le chausser de bottes à boucles type Santiag, lourdes et bruyantes et de le vêtir de pantalons/jeans d’un couleur bleu électrique, chemisette luisante, et blouson en croute de cuir, même en pleine obscurité, Cal est visible.

Capture d’écran 2016-10-19 à 21.17.59
01

Costumes (suite)

Avec comme première piste un ancien costume militaire français tel celui que le roi Djolof Alboury Ndiaye Bourba porte sur une photographie, nous nous sommes aperçus que la silhouette de ce personnage devait plus être illisible et plus étrangère à nos yeux d’européens. Nous allons alors vers des formes extrêmes tels les costumes des carnavals de Haiti de la photographe britannique Leah Gordon édité sous le titre ; Kanaval. Un corps, enroulé dans des vieux chiffons, noué en bout de ficelle et lustré au goudron, un corps qui est le support pour inventer une nouvelle identité, une puissance sourde et révoltée à l’aspect obscure et fantasmagorique.

Horn chef de chantier sexagénaire est habillé sur son trente et un: c’est un soir de fête, Horn se marie, Horn invite.  Mais, l’impatience de l’attente de la femme, le personnage suinte, et certainement,… se déshabille. Il est alors possible de travailler son costume par couche, dévoilant progressivement un être plus dérangeant.